La Slow Info

Béatrix Foisil-Penther

Le courant slow se décline aujourd’hui en slow info. Autrement dit, une information qui prend son temps, creuse ses sujets et se pose en contrepied du zapping.

Dans la famille slow, je voudrais la slow info. Dans le courant slow, il y a la slow food, le slow sex et encore plein de « choses » slow. Dans un monde dont le rythme s’accélère, elles s’opposent à la vitesse et prônent la lenteur. Dernier mouvement en date, la slow info. Comme son nom l’indique, c’est une info qui prend son temps, qui creuse ses sujets et se pose en contrepied du zapping, de la surinformation, de l’info en continu. Un pied de nez au syndrome du FOMO en somme. Le FOMO, ou Fear of Missing Out, la peur de manquer quelque chose.
 
Dans la pratique, on trouve de la slow info sur des sites de plus en plus nombreux. À l’image du Quatre Heures. Le Quatre Heures est un nouveau média en ligne, co-fondé par Estelle Faure, également journaliste à France Info Junior. Il s’appuie sur le concept de slow info, une information qui prend le temps, se déclinant sous forme de reportages grand format, multimédia, sans clic. « Chaque premier mercredi du mois, à 16 heures, Le Quatre Heures nous fait découvrir une story inédite, sous la forme d’un reportage long format multimédia » explique Elle. Ainsi, chaque mois, Le Quatre Heures publie une histoire exclusive à voir sur ordinateur et tablette. De quoi faire « une pause dans l’information en continu qui domine le web », selon France Inter.
 
Autre exemple, Droguistes, le programme hebdo du Web. Il propose une sélection culturelle organisée en grille, et qui change chaque semaine. Un site qui « hydrate et raffermit le cortex », explique son fondateur Éric Loret. De quoi approfondir des sujets et découvrir des « pépites » selon Elle. On peut aussi citer Les Jours : « les journalistes choisissent une obsession d’actualité et y reviennent le nombre d’épisodes nécessaire, avec des personnages de la vie réelle », peut-on lire dans Elle. Elle est pas belle la vie slow ? Si.